"Des publicités utilisent des modèles féminins pour attirer l'attention sur un produit quelconque, abaissant la femme au simple rang d'appât", selon la socialiste turque G ls n Bilgehan, auteur d'un rapport débattu et adopté à Strasbourg.
Le rapport cite le Bureau de vérification de la publicité (BVP) en France pour faire état d'une amorce de retour du +porno-chic+ qui banalise la violence sexuelle en lui donnant une image glamour.
Selon le BVP, l'atteinte à "l'image de la personne humaine" est repassée au premier rang avec 36,5 % des plaintes reçues par cet organisme.
L'agence britannique pour les standards de publicité précise que 25 % de plaintes concernent, outre la violence, "l'absence de lien entre le produit et la représentation de la femme".
En Belgique, le nombre de plaintes déposées devant le Jury d'éthique publicitaire pour atteinte à la décence a atteint 38 % du total de plaintes déposées.
Les mouvements féministes ne sont pas les seuls à protester, puisque, selon une enquête menée en Belgique neuf femmes sur dix réagissent négativement aux publicités trop féminines. Selon un sondage Ipsos, 46 % des Français se disent choqués par la manière dont on montre les femmes dans la publicité.
Certains pays ont pourvu leur arsenal législatif de textes permettant de faire face aux publicités sexistes. L'Espagne et le Portugal ont ainsi érigé en infraction pénale la diffusion de publicité au contenu sexuellement discriminant.
Le rapport réclame la mise en place dans tous les Etats d'un numéro vert, d'une adresse électronique ou postale "pour que chacun puisse dénoncer les publicités qui représentent des images de femmes portant atteinte à la dignité de la personne humaine".