"Wonderful town", qui fait une sortie modeste dans une quinzaine de salles en France mercredi, a reçu en mars - ex-aequo avec le malaisien "Flower in the pocket" de Seng Tat Liew -, le Lotus du jury au 10e Festival de Deauville.
Il s'agit du premier long métrage réalisé par Aditya Assarat, dont les films courts ont été sélectionnés aux festivals de Clermont-Ferrand, New-York ou encore Sundance (Utah, Etats-Unis) qui l'a soutenu par le biais de son programme "Director's Lab", qui aide des cinéastes débutants à finaliser leur projet.
Jeune architecte promis à un brillant avenir, Ton (Ton Supphasit Kansen) quitte la capitale pour Takua Pa, petite cité balnéaire du sud de la Thaïlande où il doit superviser les travaux de reconstruction d'un complexe hôtelier.
Etabli dans un modeste hôtel familial de l'arrière-pays, il y fait la connaissance de Na (Anchalee Saisoontorn), la propriétaire, une jeune femme discrète à l'éducation traditionnelle dont l'indépendance d'esprit le charme.
Entre eux naît une délicate idylle teintée de pudeur et de tendresse, qui suscite l'hostilité du frère de Na, un bon à rien violent qui, en tant que représentant de l'autorité mâle, entend régenter la vie de la jeune femme.
Contenue et sourde, la violence de la tragédie menace alors les deux amants.
Avec ses maisons abandonnées face à la plage, la ville filmée par Assarat semble hors du temps, frappée de léthargie depuis un drame qui a fait 5.400 morts en Thaïlande, lorsque des vagues provoquées par un puissant séisme en Indonésie ont déferlé sur les côtes de la mer Andaman, le 26 décembre 2004.
Ravagée et endeuillée par le tsunami, puis frappée de plein fouet par la crise économique après avoir été désertée par les touristes, son unique source de revenus, la ville porte encore les profonds stigmates de la catastrophe.
La caméra d'Aditya Assarat glisse sur les façades en bois défoncées, captant à merveille l'atmosphère languissante de fin du monde qui coexiste, ici et là, avec la frénésie des nouveaux chantiers de reconstruction.
Mais il filme aussi, avec une égale puissance d'évocation, la naissance de l'amour dans des scènes d'une grande sensualité.